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Les droits du scribouillard

Les droits du scribouillard

Notre site, comme beaucoup d’autres, regorge de conseils pour scribouillards, et si on se balade un peu sur le Net, on se rend compte qu’on y lit tout et son contraire (oui, comme d’hab, quoi !). Fichtre ! Comment devenir un bon scribouillard alors ? Il n’y a pas de mystère, nous avons tous nos particularités et donc découlent des méthodes de travail et des clefs différentes, c’est parfaitement normal. Nous ne faisons pas tous la même chose, et c’est tant mieux, car, avouons-le, s’il n’y avait qu’une seule manière de s’y prendre, on écrirait tous les mêmes textes.

Et on ne veut pas ça. Ben non. Chacun doit trouver sa méthode de travail et son propre style et chacun fera bien comme il l’entend pour y parvenir. Bien sûr, c’est normal de chercher des conseils, surtout au début, quand on ne sait pas vraiment ce qu’on fait, mais avec le temps, il faut parfois s’en affranchir et tenter ses propres expériences. Chercher ce qui va dans le sens de la majorité, ce qui conviendra au plus grand nombre pour le suivre ou bien au contraire, pour sortir des sentiers battus.

Alors, oui, c’est difficile de faire le tri dans tout ça, mais pour vous y aider, on vous liste les Dix droits du scribouillard. Cassons un peu les idées reçues, il est temps de se décomplexer.

LES DROITS DU SCRIBOUILLARD

1 — Ne pas partager (tous) ses écrits

Vous n’êtes pas encore sûr de vous ? Vous avez le droit d’écrire exclusivement pour vous sans vouloir partager votre travail ; publier ou faire lire n’est pas une obligation. Vous n’êtes même pas obligé de dire que vous écrivez si vous ne vous sentez pas prêts à le faire.

L’écriture est un acte très personnel qui donne vite le vertige et le regard des autres peut malheureusement faire peur : que vont-ils bien penser s’ils apprennent que j’écris et que penseront-ils de mon texte s’ils le lisent ? Eh bien, si vous ne voulez pas le savoir, pas de problème, vos mots peuvent parfaitement rester à l’abri dans vos tiroirs ou sur votre disque dur. Et même si vous avez sauté le pas, ne vous sentez pas obligé de tout partager, vous avez le droit de garder certaines choses rien que pour vous.

On peut écrire pour soi sans vouloir que ça aille plus loin !

2 — Ne pas finir un texte

Vous ne vous y attendiez pas, hein ? Vous avez peut-être lu qu’il ne fallait pas laisser un travail inachevé, mais en vérité, ce n’est pas parce que vous l’avez commencé que vous devez forcément le terminer.

Il y a des tas de raisons de ne pas vouloir finir un texte : il ne nous plait pas et l’envie de le reprendre nous fait défaut, on est tenté de se lancer autre chose, on ne le trouve plus intéressant… Ça ne sert absolument à rien de se forcer ! Si un texte ne vous motive plus, laissez-le de côté. Vous y reviendrez peut-être plus tard avec plus d’enthousiasme et l’ambition d’en venir à bout, mais en attendant, ne vous torturez pas.

Alors, oui, c’est extrêmement satisfaisant d’arriver au bout d’un travail d’écriture. De pouvoir mettre un point final à toutes ces longues heures de travail. C’est donc normal que l’envie d’y parvenir persiste. Ne cédez pas au premier découragement, mais si la lassitude s’installe trop profondément, faire une pause ne peut qu’être bénéfique. Vous aurez bien le temps de voir ensuite si vous reprenez cet ouvrage.

Attention, par contre, si vous abandonnez tous vos travaux en route, vous ne finirez jamais rien. Mais est-ce bien grave ?

3 — Supprimer/détruire un texte

Oui, oui, je sais, on dit toujours qu’il faut tout garder et au-delà d’un hypothétique passage à la postérité, c’est toujours intéressant de redécouvrir ses vieux brouillons en triant ses papiers.

Sauf que parfois, on voudrait vraiment ne jamais avoir écrit une chose ou bien tout simplement être certain que personne ne tombera jamais dessus. La suppression ou destruction reste donc la meilleure solution.

À l’heure du numérique où on utilise beaucoup l’ordinateur, il est très facile de choisir ce qu’on veut garder et de se débarrasser du reste. D’ailleurs, lorsqu’on fait de petites modifications sur un fichier de traitement de texte, nous n’enregistrons pas forcément une nouvelle version du document, nous écrasons la précédente : et si nous avons changé un mot, il ne reste plus de trace de celui que nous avons remplacé. C’est comme ça, rien de grave. À vous de décider de ce qui subsistera.

Faites tout de même attention de bien peser le pour et le contre. La destruction, une fois faite, est irréversible, et même si un fichier supprimé d’un ordinateur peut être récupéré, ce n’est pas possible ad vitam aeternam. Alors, réfléchissez bien et soyez sûr de vous.

4 — Écrire dans n’importe quel ordre

Qui a dit qu’il fallait forcément commencer un texte par le début et avancer gentiment étape par étape ?

Oui, on peut démarrer au milieu, à la fin ou par n’importe quelle partie de notre texte si c’est celle qui nous inspire le plus. Ça ne veut pas dire qu’elle sera gravée dans le marbre, une fois les passages qui la précèdent rédigés, nous pouvons toujours revenir dessus pour la modifier.

Bien sûr, il est plus facile de garder en tête ses péripéties et la cohérence de son récit si tout est écrit dans l’ordre, mais si l’idée d’un chapitre germe, ne la perdez pas, vous reprendrez le fil plus tard !

5 — Écrire n’importe quoi

Libérez votre imagination, écrivez avant tout ce que vous aimez. Faites-vous plaisir avant toute chose, écrire ne doit pas être une corvée. À quoi bon s’ennuyer à rédiger des choses qui ne nous plaisent pas ? C’est vous le scribouillard, mais c’est votre imagination qui dirige tout, laissez-la un peu tranquille, ça fait un bien fou de partir dans son monde rien qu’à soi.

Vous pouvez même écrire n’importe comment, si ça peut vous faire du bien, lâchez-vous, mais attention à ne pas prendre de mauvaises habitudes. Petite chose, tout de même, ça ne veut pas dire que vous pouvez tout partager avec vos lecteurs. Si vous avez envie de faire lire vos moments d’égarement, prenez le temps de les travailler un peu pour les rendre plus agréables à lire.

6 — Aimer ce que vous écrivez

Les hésitations font parfois qu’on n’aime pas du tout ce qu’on écrit. Parce qu’on trouve ça brouillon, parce qu’on ne s’y reconnaît pas, parce qu’on trouve ça plat… On se dit même qu’on aurait dû faire mieux, mais qu’on n’y arrivera peut-être jamais. Notre propre appréciation de nos écrits peut parfois être très décourageante.

Allez, on se calme. Vous avez le droit d’aimer ce que vous écrivez ! Si votre texte vous plait, c’est d’ailleurs plutôt bon signe, prenez un peu confiance en vous. ça ne signifie pas que vous ne changerez rien, mais au moins, dîtes-vous que vous êtes sur la bonne voie : vous avez su trouver le ton et le style qui correspond à votre texte.

7 — Tout changer

Ce n’est pas parce que vous l’avez écrit que votre brouillon est gravé dans le marbre. Votre chapitre/partie est fini(e) depuis des semaines, mais vous voulez revenir dessus ? Lancez-vous ! C’est votre texte ; enlevez, modifiez, ajoutez jusqu’à en être satisfait.

Et si l’envie vous en prend, vous pouvez même décider de réécrire tout un passage, de changer l’intrigue ou le plan ou de supprimer des chapitres entiers, c’est à vous de juger ce qui sera le plus adapté. Vous pouvez même recommencer de zéro si vous le jugez nécessaire et que vous en avez le courage.

Méfiez-vous tout de même, il faut savoir arrêter vos choix si vous voulez pouvoir avancer.

8 — Ne pas écrire

Vous avez souvent dû lire ou entendre qu’il fallait écrire tous les jours et s’astreindre à respecter ce rythme pour devenir un bon écrivain. Que nenni, les amis ! Bien sûr, c’est la pratique qui vous aidera à surmonter les difficultés, mais croyez-moi, il n’est pas nécessaire de se forcer à écrire sept jours sur sept.

Vous avez le droit de ne pas en avoir envie ou même de ne pas trouver le temps, vos feuilles seront toujours là demain. Forcer votre envie et votre imagination n’apporte généralement rien de bon, mieux vaut attendre d’être en de meilleures dispositions. Vous avez même le droit de faire des pauses un peu longues si vous sentez que vous en avez besoin.

Attention, par contre, si vous reportez toujours votre séance d’écriture au lendemain, soyons bien d’accord, vous n’avancerez jamais. Prendre son temps permet d’écrire à son rythme, mais attention, pour terminer un texte ou s’améliorer, il faut bien s’y mettre !

9 — Ne pas suivre tous les conseils

C’est normal de rechercher des conseils, ils peuvent nous mettre sur des pistes auxquelles on n’avait pas pensé et nous aider à progresser… Si on sait faire le tri. La passion de l’écriture, ça se partage et on trouve énormément de choses, mais tout ne conviendra pas à tout le monde. Tous les conseils que vous lirez ne s’appliquent pas forcément pour vous, ne vous forcez pas à suivre la méthode et les habitudes des autres, vous devez apprendre à faire le tri et à retenir ceux qui vous correspondent.

N’essayez pas de combiner tous les conseils que vous pourrez trouver au contraire, testez ceux qui vous semblent pertinents pour ne garder que ceux qui vous aideront vraiment. Chaque scribouillard est unique, ne cherchez pas à faire comme les autres !

10 — Faire des fautes

Qui a dit qu’il allait absolument tout maîtriser et tout connaître du français ? Votre brouillon reste tout de même un espace personnel sur lequel vous avez le droit de tout essayer, mais aussi de faire des fautes et des erreurs. Que ce soit par inattention ou parce que vous ne maîtrisez pas toutes les règles, vous avez le droit de faire des fautes. Le français a des subtilités parfois difficiles à saisir, ne vous arrêtez pas à ce seul obstacle.

Alors bien sûr, je ne suis pas en train de vous dire de ne pas vous en inquiéter du tout, mais ne vous prenez pas trop la tête sur votre brouillon. Vous pourrez toujours revenir sur vos textes pour les corriger plus tard. Et si ce n’est pas votre truc, essayez de trouver quelqu’un qui pourra vous y aider (on a souvent dans notre entourage, des personnes qui ont tout capté !).

Pour tous ceux qui auraient la chance de pouvoir vivre de leur plume, gardez toujours à l’esprit que la production d’une œuvre reste importante. Bien sûr, vous avez le droit de modifier, détruire, recommencer, faire des pauses et même d’écrire librement, mais n’oubliez pas que vous devez impérativement terminer votre texte. Un manuscrit inachevé ne sera jamais publié et un texte qui sortirait trop des lignes éditoriales pourrait demander des transformations, mais ne nous attardons pas là-dessus, écrire pour la publication fera l’objet d’un autre article.

En fait, le meilleur conseil qu’on pourra vous donner, c’est de rester vous-même. Il y a tant et tant de règles et pourtant, vous pouvez choisir de les ignorer, les contourner ; trouvez le style qui vous ressemble. Détendez-vous et sentez-vous libre d’écrire comme bon vous semble, après tout, l’écriture est une forme d’expression qui a tant à offrir, profitez-en et amusez-vous !

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